Fissures sur les maisons : soyez vigilants
Le retrait-gonflement des argiles peut fragiliser certaines habitations
Après une période de sécheresse importante comme nous l’avons vécu cet été, des fissures en façade, autour des fenêtres ou sur la terrasse, le garage, des portes qui frottent peuvent apparaître ou s’aggraver sur certaines maisons. Ce phénomène peut être lié au retrait-gonflement des argiles (RGA).
Les sols argileux se contractent quand ils s’assèchent et gonflent quand ils se réhydratent. Ces variations de volume, souvent inégales sous une même maison, font « travailler » les fondations et fissurent les murs. La végétation (arbres proches du bâti), qui pompe l’eau du sol, accentue le phénomène.
Le mécanisme du retrait-gonflement. Source Géorisques, © BRGM – M. Villey
Oui, en partie. La carte d’exposition établie en 2025 par la DDT du Territoire de Belfort, sur la base de l’atlas national, classe une part importante du territoire communal en aléa moyen (orange) et plusieurs secteurs en aléa fort (rouge), notamment autour des Prés Coudrai, de la Cornette, de Prés la Laube, du Tremblet et de l’Enclos.
Cette carte est purement indicative : elle repose sur des analyses de cartes géologiqmaiues et topographiques, pas toujours confirmées sur le terrain. Une maison située en zone blanche ou jaune peut aussi être touchée.
Exposition au retrait-gonflement des argiles, commune d’Essert. Sources : © IGN, BRGM, DDT 90 (décembre 2025)
🏠 Les 5 réflexes à avoir
1. Photographier
Prenez des photos datées des fissures, de près et avec une vue permettant de les localiser sur la maison.
2. Surveiller
Notez leur emplacement et observez leur évolution. Soyez particulièrement attentifs à l’apparition de nouvelles fissures ou à l’aggravation de fissures existantes.
3. Ne pas masquer les dommages
Évitez de reboucher ou de réparer les fissures avant qu’elles aient pu être constatées. Conservez les photographies et les éventuels justificatifs de travaux.
4. Signaler les désordres à la mairie
Si vous constatez des fissures apparues ou aggravées après la période de sécheresse, nous vous invitons à en informer la mairie, transmettez vos photos et une courte description. Ces signalements permettent à la commune de recenser les dommages constatés sur son territoire et, si les conditions sont réunies, de constituer un dossier dans le cadre d’une éventuelle demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.
5. Prévenir votre assurance
Contactez également votre assureur sans attendre une éventuelle reconnaissance de catastrophe naturelle. Le signalement en mairie ne remplace pas la déclaration auprès de votre compagnie d’assurance.
La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle n’est pas automatique. Elle fait l’objet d’une procédure réglementée et d’un arrêté interministériel publié au Journal officiel.
A savoir ;
Si une reconnaissance est accordée pour la commune et la période concernée, les dommages pouvant être attribués au phénomène de retrait-gonflement des argiles peuvent être pris en charge dans le cadre de la garantie catastrophes naturelles, selon les conditions du contrat d’assurance.
Une fois l’arrêté publié, il faut agir vite. Pour la sécheresse, les demandes sont examinées sur la base d’une année civile complète, du 1er janvier au 31 décembre : la commune ne peut donc déposer son dossier qu’après la fin de l’année. Si l’État reconnaît la catastrophe naturelle, un arrêté interministériel est publié au Journal officiel, et vous disposez alors de 30 jours à compter de cette publication pour déclarer le sinistre à votre assureur.
Une fois la déclaration reçue, l’assureur mandate un expert pour évaluer le lien entre les désordres et la sécheresse. En cas de désaccord, vous pouvez demander une contre-expertise.